En juin 2016, Arnaud Montebourg n’était pas encore candidat à la primaire de la gauche. Il n’était qu’ancien ministre et éventuellement entrepreneur. Il était invité à la Matinale de France Culture. Il a dit une phrase qui a retenu toute mon attention. Une phrase simpliste diront certains, mais une phrase qui dit très bien la réalité de la dimension économique de notre vie commune : « Pour faire marcher une économie il faut deux jambes, il faut l’offre et la demande. On a fait marcher l’offre et pas la demande ».
C’est ce matin-là que mon choix pour la présidentielle de 2017 a commencé à se préciser. Avant même le discours de Frangy !

Il n’y a plus de candidat naturel

Alors même qu’en janvier 2016, j’étais contre le principe d’une primaire remettant en cause la légitimité d’un président sortant. Mais depuis janvier, ce dernier n’a pas réussi à créer les conditions de sa re-légitimation en tant que candidat de la gauche de gouvernement. Je ne vais pas faire son bilan en quelques lignes — ce ne serait pas juste même si la calamiteuse dernière année parle d’elle-même. Néanmoins, et sans verser dans les excès de la démocratie d’opinion, on ne peut que constater que la tendance générale depuis des années est à la défiance du peuple vis-à-vis du Président sortant. On peut le regretter, on peut vouloir aller outre. Il n’en reste pas moins qu’il n’est clairement pas le mieux placé pour permettre à la gauche de gouvernement d’être présente au deuxième tour de la présidentielle sur la base d’une vision nouvelle et crédible du monde et de la France.
Ce matin-là en tous cas, sur France Culture, n’ayant plus de mandats locaux ou nationaux, Arnaud Montebourg s’est exprimé en homme indépendant intellectuellement et financièrement. Et cela m’a paru sain qu’un homme, attaché à sa famille politique mais sans lien d’allégeance vis-à-vis d’un clan, puisse s’exprimer sur la marche du pays et sur la place de ce pays dans le monde.

Il doit y avoir une alternative

Lors de cette émission, il a estimé qu’il fallait une « alternative », qu’il fallait « penser autrement ». Naturellement, cette idée d’alternative m’a rappelé le fameux — et quasi-fascisant — « There is no alternative » de Margaret Thatcher. Cela m’a également rappelé ce que souligne la philosophe Chantal Mouffe : « Lors des élections, les citoyens devraient avoir un véritable choix entre différents projets politiques, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui ». J’adhère donc à l’idée de la nécessité d’un projet alternatif c’est-à-dire un projet différent de ce qui nous est proposé depuis des années voir des décennies. Car je crois profondément qu’il est nécessaire que le choix existe. Ce fameux projet alternatif qu’évoque Montebourg permet justement que le choix existe. Sinon, sans alternative, nous sortons de la démocratie et nous entrons dans la « postdémocratie » — ce phénomène décrit par le politiste Colin Crouch — où le pouvoir des lobbies et des grands groupes globalisés s’accroit au détriment de celui des citoyens, des états-nations mais aussi au détriment des petites et moyennes entreprises qui font, elles aussi, le succès des nations.
Et au-delà des orientations et des nuances de la macro-économie, sur les principes mêmes de notre « association politique », donc le fondement de la société française dans sa dimension politique, Montebourg innove. Il dit vouloir laisser la parole aux « invisibles », aux « citoyens ordinaires » alors même que pour certains socialistes — et pas des moindres — « perdre les ouvriers, ce n’est pas grave » ! Dans son discours de Frangy, le 21 août 2016, Montebourg avance une idée qui me paraît fondamentale : « Les politiques expliquent qu’ils veulent réformer la société. Je proposerai d’abord que la société réforme les politiques ». Et il appelle de ses voeux une république qui « procèdera d’un double mouvement : d’une part l’augmentation de la responsabilité des dirigeants politiques, d’autre part, l’entrée des citoyens dans le système politique ». Il n’y a pas de démocratie sans responsabilité de celui qui prend les décisions et il n’y a pas non plus de démocratie si l’élite est séparée du peuple.

Une vision du monde et de la France dans ce monde

C’est parce que je veux que mes compatriotes puissent partager une vision du monde et du rôle que leur patrie doit y tenir que je soutiens le « projet France » porté par Arnaud Montebourg dans le cadre de la primaire de la gauche. Ce projet que le candidat lui-même résumait ainsi à Frangy :
« Parce que la France est malheureuse, parce que son être profond, son héritage extraordinaire — les Lumières, les combats républicains et sociaux, la Résistance — sont rudement malmenés par la mondialisation, qui affaiblit les Etats, la démocratie, au profit des marchés, de la compétition de tous contre tous, et du laissez-faire. Certaines élites françaises ont choisi la voie de l’adaptation sans condition, alors qu’il faudrait y mettre une certaine forme de résistance à ce monde qui percute notre aspiration nationale à rester nous-mêmes et à vivre selon nos choix. Le projet que je viens proposer aux Français est résolument inscrit dans le monde d’aujourd’hui, il est ancré dans la modernité, il assume les mutations en cours, mais il veut préserver notre désir de vivre selon nos vues et nos croyances essentielles. Il propose des solutions innovantes ouvrant le chemin à la réaffirmation de la France, de ses intérêts, de sa puissance et de la force de son modèle républicain et social. »

Le « projet France » en Loire-Atlantique : rendez-vous avec Arnaud Montebourg les 2 et 3 novembre

J’appelle donc les camarades socialistes — en particulier en Loire-Atlantique — ainsi que mes amis qui ne sont pas membres d’un parti politique, à regarder de plus près la vision du monde que développe progressivement Arnaud Montebourg. Je les appelle à regarder de plus près le projet qu’il porte pour notre pays. Et j’appelle tous ceux qui s’y retrouvent à rejoindre le « projet France » pour que nous participions ensemble à la construction de cette France de demain. Ils pourront dès les 2 et 3 novembre participer à une première étape en Loire-Atlantique avec Arnaud Montebourg et les militants du « projet France ».

Joindre la conversation 2 commentaires

  1. « Je ne vais pas faire son bilan en quelques lignes — ce ne serait pas juste même si la calamiteuse dernière année parle d’elle-même »… Mortel ! T’es un tueur, Bassem !

    Réponse
  2. […] l’aile gauche du PS. Il y a ceux qui — c’est mon cas — soutiennent Arnaud Montebourg parce qu’il propose une vision politique nouvelle alliant volontarisme, y compris en matière […]

    Réponse

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France, Politique

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