On ne pilote pas l’Etat comme on pilote une entreprise

Loin de moi l’idée de critiquer Emmanuel Macron s’il devait enterrer le #prélèvementàlasource. Evidemment je regretterais qu’on ait pu dépenser autant d’argent en « temps-hommes », en prestations de services, en lignes de code, etc. pour aboutir à un possible enterrement première classe. Mais après tout, cette réforme n’est pas — à mes yeux — cruciale. En tous cas nettement nettement nettement — oui au moins trois fois — moins par exemple que l’équilibrage effectué progressivement par François Hollande entre la fiscalité des revenus du travail et celle des revenus du capital — que, au passage, Macron a annihilé !

Non, si j’en parle, c’est parce que j’apprends que le président a évoqué ce sujet devant des élus de Mayenne sur le thème : je redoute de « de brûler un capital politique » avec une réforme qui peut conduire à « 100 000 bugs ».

On peut le comprendre. Néanmoins, on peut aussi se servir de cette épisode pour rappeler à tous les néolibéraux qui fréquemment critiquent le service public en le comparant au monde des start-ups ou plus généralement au secteur privé, en regrettant le manque d’agilité de l’état comparé au monde de l’entreprise. J’ai connu beaucoup de start-ups et j’en vois encore quotidiennement où les entrepreneurs spécialistes de la prise de risque ne reculeraient pas devant une mise en production — comme on dit dans le métier. C’est même l’absence de mises en production qui « brulerait leur capital ». Elles sont organisées pour prendre de tels risques — comme la capacité de retour en arrière, il y a rarement « mort d’homme » en cas d’anomalies, il y a rarement autant de données en jeu et surtout il n’y a jamais autant de « fins de mois » soumis à un tel risque. Ceci n’est pas un plaidoyer en faveur de l’immobilisme dans le service public, ceci est simplement l’occasion de souligner les différences entre les deux domaines loins de la démagogie ambiante dès qu’on parle de l’Etat !

J’espère donc, que la prochaine fois que les sympathisants d’Emmanuel Macron voudront critiquer le service public ou appelleront à la réforme de l’Etat, ils se remémoreront les raisons qui ont fait que leur héraut n’a pas osé franchir le pas en opérant une telle « mise en production ». Que l’on soit issu du secteur public ou issu du secteur privé, avec étiquette politique ou sans, avec des convictions politiques ou sans, on ne pilote pas l’action publique comme on pilote une entreprise !

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