L’Allemagne est dans une sorte de dilemme qui ressemble plus à une impasse : (1) gouverner en étant minoritaire versus (2) ne pas gouverner et retourner aux urnes. Une crise sans équivalent dans l’histoire de l’Allemagne de l’après-guerre.

Libéraux (FDP), conservateurs des deux sortes (CDU de Merkel ou CSU) et Verts n’ont pas réussi à s’entendre pour former une coalition à laquelle, par ailleurs, Die Linke (gauche radicale), le SPD (sociaux-démocrates) ou encore l’AfD (droite radicale) ne veulent ou ne peuvent pas participer.

Les négociations ont échoué devant deux sujets qui se sont avérés être des barrières infranchissables : (1) la question énergétique et (2) la question migratoire. On notera au passage que ces deux sujets sont étrangement deux sujets quasi-absents du débat en France malgré le poids de la question énergétique chez LFI (4e au premier tour de la présidentielle avec presque 20%) et encore plus celui de la question migratoire au FN (2e au premier tour de la même présidentielle avec plus de 20%).

L’instabilité politique déclenchée par les résultats des élections allemandes de septembre est principalement due à la percée, inégalée depuis l’après-guerre, de la droite radicale allemande sur fond de crise migratoire où la position d’Angela Merkel a évolué allant d’une générosité marquée à une prudence remarquée. Les difficultés politiques actuelles sont aussi liées au choix d’Angela Merkel de sortir du nucléaire sans assurer l’alternative si ce n’est pas le très polluant charbon revenu d’un autre âge alors même que la croissance allemande est industrielle, donc gourmande en énergie, et que la transition énergétique, malgré des investissement sérieux, n’est pas encore installée et encore moins achevée.

Tout cela peut avoir des conséquences néfastes sur la région toute entière. L’Allemagne est le moteur économique de cette partie du monde tout en étant sa principale source de déséquilibre : la balance commerciale de l’Allemagne est excédentaire depuis des années vis à vis du reste du monde mais aussi et surtout vis à vis de ses partenaires européens. Ce poids économique de l’Allemagne est aussi politique, notamment du fait de la longévité politique, aujourd’hui remise en cause, d’Angela Merkel.

Tout cela n’est nullement rassurant et les solutions ne sont pas aussi évidentes que ce que les esprits démagogues des deux côtés du champ politique veulent faire croire : (1) les deux sources de la crise allemande existent aussi chez nous, à doses différentes certes mais existent quand même, et (2) l’instabilité allemande rend aussi instable le projet européen qui est lui-même déjà bien entamé depuis des années.

C’est peut-être là le prochain enjeu auquel devra s’atteler notre nouveau « roi thaumaturge » après son relatif succès moyen-oriental.

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