J-J Rousseau, Du contrat social, Ch. VI : « Trouver une forme d’association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun, s’unissant à tous, n’obéisse pourtant qu’à lui-même, et reste aussi libre qu’auparavant. Tel est le problème fondamental dont le Contrat social donne la solution ».

La suppression nette d’emplois publics élevée au statut d’objectif prioritaire pour la nation, comme cela a été fait sous Sarkozy et son collaborateur Fillon, est une faute politique. Si on s’associe politiquement, sous forme d’Etat, c’est pour que cette association, cet État, nous apporte les protections dont nous nous ne pourrions bénéficier dans un environnement où l’arbitraire régnerait.

Ce constat concernant les services publics est également vrai pour les lois et autres normes qu’on attend d’un Etat protecteur — à défaut d’être « providentiel ». Il suffit d’avoir vécu dans des pays où l’Etat ne joue pas (ou plus) ce rôle protecteur pour le comprendre. Surtout lorsqu’on considère la situation de ceux qui n’ont que l’Etat pour les protéger.

Voilà pourquoi je ne voterai jamais pour un candidat qui se fixe comme objectif prioritaire la réduction nette d’emplois publics ou la réduction nette des dépenses publiques. C’est la qualité de la protection qui compte le plus à mes yeux. C’est elle qui doit être l’objectif prioritaire. Et je ne peux imaginer que la cinquième puissance mondiale ne puisse plus avoir les moyens de protéger ses citoyens. Et quand je parle de protection, je vise tous les domaines de la vie : des plus matérielles ou plus symboliques.

Mon vote ne peut donc pas aller vers les candidats néolibéraux. Et ce qualificatif n’est pas un jugement moral sous ma plume : une idéologie comme une autre qui a le droit d’être défendue et d’être attaquée. C’est le sens même de la démocratie que d’organiser le débat dans des cénacles civilisés et pas sur des champs de bataille. J’évoquais ci-dessus le cas Fillon supprimant des emplois publics — jusques et y compris dans les forces de l’ordre. Je pourrais aussi évoquer le candidat Macron, malgré ses réelles différences d’avec le candidat de la droite. Le candidat du centre, « ni droite ni gauche », appelle à aller plus loin, par exemple, dans la logique de la « loi Travail » dont on a vu la dimension « flexibilité », mais pas vraiment la dimension « sécurité ». Toujours une question de protection des citoyens.

La candidate Le Pen, quoi qu’elle dise, est xénophobe dans l’essence même de son combat politique. Elle altère les fondements de la République qui n’a jamais été ethnique. Et de ce fait, elle détruit le socle national qui a fait la grandeur de la France depuis deux ou trois siècles : la citoyenneté et son corollaire, l’idéal d’universalité ainsi que les autres principes qui en découlent et qui lui sont co-naturels. Une question de protection des principes républicains et de leurs conséquences sur les citoyens de cette République.

Le candidat Mélenchon aurait pu me séduire, mais sa proposition de politique étrangère n’est, à mon sens, pas acceptable. Il est pourtant le plus républicain, le plus laïque et le plus universaliste des candidats de 2017. Mais ce positionnement philosophique ne suffit pas à rattraper son positionnement diplomatique : on ne peut répondre à la puissance étrangère, quelle qu’elle soit, par des déclarations de neutralité et encore moins de pacifisme. Le bras de fer qu’il annonce avec nos amis et partenaires européens ne peut pas muter en neutralisme et en pacifisme quand il s’agit de puissances étrangères potentiellement néfastes à nos intérêts et a fortiori dans le cas de puissances ennemies. Toujours la même question de protection de nos citoyens et pas que sur les plans économique et social.

Le candidat Hamon est celui que les électeurs de gauche les plus mobilisés ont placé en tête de la primaire. Etant moi-même engagé dans cette primaire aux côtés d’Arnaud Montebourg, il est évident que j’en respecte le résultat. Et ce d’autant plus que le projet social-démocrate et écologiste du candidat Hamon me convient globalement. Evidemment je ne le suis pas sur certains aspects mais rien de bloquant à les yeux ne se dégage de ce projet. Je regrette également qu’il n’ait pas repris à son compte certaines idées avancées par les autres candidats à la primaire, à la fois pour rassembler mais aussi et surtout pour élargir le socle idéologique, et donc électoral, nécessaire à un premier tour tour de la présidentielle française. Mais là non plus rien de réellement bloquant. J’adhère par exemple à son programme fondamentalement écologiste, malgré (en réalité, en raison de) mon opposition de toujours aux comportements groupusculaires d’EELV. J’adhère à sa défense des PME dans tous les secteurs de l’économie de l’industrie à l’agriculture notamment au travers de la règle des 50% de marchés publics consacrés aux PME. Protection de notre environnement immédiat, la terre. Protection de ce qui crée de la richesse réelle et donc des emplois, les PME. C’est donc « le principe de protection » encore une fois, et plus que jamais, qui m’oriente dans mon choix.

Ceux qui me suivent ici ou là connaissaient déjà mon choix. Je saisissais simplement ce soir une dernière occasion de le rappeler avant d’aller participer à une dernière distribution de tracts dans le centre de Nantes et avant la fin de la campagne officielle ce soir à minuit. La participation de chacun dimanche : « pour faire battre le coeur de la République », notre ultime protection.

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France, Politique

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