Il est désormais acquis pour tout le monde, sauf pour Nicolas Sarkozy, que le dérèglement climatique est sous nos yeux et « au-dessus de nos têtes ».

2017 c’est d’abord l’heure des choix politiques. Il est nécessaire que les choix politiques de 2017 soient aussi des choix climatiques. Il est désormais impossible de concevoir l’action publique comme étant isolée de la lutte contre le dérèglement climatique. La COP21 engage les états signataires et a fortiori l’état qui en a été à l’origine sous la houlette du président Hollande à qui il faut reconnaître au moins ce succès durant son quinquennat — celui de la COP21 dont les engagements sont mesurables et c’est là toute la différence avec les accords précédents.

Le troisième facteur de production

C’est dans le prolongement de la COP21 qu’il faut désormais travailler cette dimension de la politique. Par exemple, nos accords commerciaux bilatéraux ou multilatéraux devront tous inclure des clauses de sauvegarde à dimension sociale, mais aussi environnementale. Dans sa bataille pour la modification de l’accord de libre-échange entre l’Europe et le Canada, le socialiste Paul Magnette — ministre-président de la Wallonie —  a mis l’accent sur cet aspect primordial et avait grandement raison de le faire. il est temps que la gauche fasse pleinement sienne la question environnementale comme un élément fondateur de son socle idéologique appelé à redevenir majoritaire. La gauche s’est beaucoup occupée, à raison, des deux facteurs de production que sont le capital et le travail : il est aujourd’hui nécessaire de se préoccuper aussi du troisième facteur de production qu’est la terre, élargie à la planète entière, donc à l’environnement ! Gaëtan Gorce le souligne à raison dans son ouvrage sur l’écosocialisme publié par la Fondation Jean Jaurès : « le combat que mena plus d’un siècle durant le mouvement socialiste pour obliger le Capital à composer avec le Travail, et qui est loin d’être achevé, doit maintenant se compléter du même effort pour le contraindre à respecter la planète, ses ressources, ses espèces, ses chances de survie ».

Arnaud Montebourg va dans ce sens. Il souhaite mettre en place les conditions d’« une croissance saine [qui] rapproche les lieux de production industrielle et agricole des lieux de consommation. C’est [la] contribution [de l’écologie] au Made in France » [1]. Il propose aussi un programme d’investissement massif de 100 milliards d’euros consacré à la rénovation thermique des bâtiments publics et privés. Il propose que cet investissement se fasse sur 5 ans et soit financé par un emprunt de très longue durée, de l’ordre de 50 ans. Car la croissance saine que Montebourg appelle de ces vœux commence par les économies d’énergie : « l’énergie la plus propre est celle qu’on ne consomme pas » ! Le candidat socialiste à la primaire citoyenne de janvier 2017 soulignait à Frangy que : « Cet investissement considérable dans les économies d’énergie est de nature à faire repartir fortement les PME du bâtiment et du secteur des travaux publics […]. L’écologie deviendra ainsi le carburant de la nouvelle croissance » [1].

La transition énergétique n’est pas un vœu pieux

Quand on parle de transition énergétique, la question du nucléaire ne doit pas être éludée par souci de plaire à untel ou par crainte de déplaire à tel autre. On nous a vendu durant des décennies une énergie censée être efficiente du point de vue coût / bénéfice. Or chacun conviendra désormais qu’en terme de coûts complets du processus nucléaire, l’efficience n’est pas, pour le moins, ce qui caractérise le mieux cette filière. Mais, une fois qu’on a dit cela, on ne peut que constater tout aussi simplement que cette énergie est là, à portée de main. Elle est là alors même que nous n’avons pas de solution, à court terme, pour la remplacer tout en se passant — en même temps — de l’énergie d’origine fossile très coûteuse en termes de carbone et gaz à effet de serre. C’est donc une question de priorité et de séquençage dans le temps !

Et comme la transition énergétique n’est pas qu’un vœu pieux, il est nécessaire de commencer  au plus vite et à une échelle industrielle le remplacement des énergies d’origine fossile par les énergies renouvelables telles le photovoltaïque et l’éolien ainsi que les énergies liées à la mer dont notre pays est bien doté du fait de sa géographie. La logique voudrait qu’on commence par le remplacement des énergies fossiles simplement parce qu’elles sont plus simples à remplacer que l’énergie nucléaire. Et une fois l’énergie d’origine fossile remplacée, on pourra alors s’attaquer à celle d’origine nucléaire d’autant plus facilement que pendant ce temps-là les technologies, notamment de stockage de l’énergie, auront fait des avancées facilitant la substitution d’énergies nouvelles à la vieille énergie nucléaire.  S’attaquer aux deux fronts simultanément me semble être une vue de l’esprit. En plus de la dissolution de notre indépendance énergétique, rompre tout de suite avec le nucléaire revient à importer une énergie d’origine fossile ce qui serait doublement problématique. Ce ne serait bon ni pour l’environnement ni pour l’indépendance énergétique du pays.

« L’impératif écologique »

Nous voyons bien qu’il y a plusieurs champs dans lesquels il est nécessaire que la puissance publique agisse au plus vite accompagnée en cela par le secteur privé : énergies renouvelables, économie d’énergie, technologies nouvelles, etc. C’est en alliant de manière rationnelle plusieurs leviers qu’on pourra répondre au plus grand défi auquel l’humanité ait eu à faire face, car « un compte à rebours écologique dans la lutte contre le dérèglement climatique a commencé à se déclencher au-dessus de nos têtes » [1]. L’ « impératif écologique » exige de nous le recours à ce que la raison humaine sait produire de mieux. A nous d’être à la hauteur pour que nos enfants ne connaissent pas « les conséquences de nos inconséquences » [1].

[1] Discours de Frangy, 21 août 2016

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Environnement, France, Politique

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