Jacques Donzelot constatait ce qui suit dans un fameux article paru dans Esprit en 2004 :

Au lieu d’un mouvement unique et unifiant les espaces de la ville, c’est à l’avènement d’une ville à trois vitesses que l’on assiste : celle de la relégation des cités d’habitat social, celle de la périurbanisation des classes moyennes qui redoutent la proximité avec les «exclus» des cités mais se sentent «oubliés» par l’élite des «gagnants» portée à investir dans le processus de gentrification des centres anciens.

L’Observatoire des inégalités affine les chiffres de l’Insee (impôts, nombre de personne composant le ménage, etc.) et permet de conclure (les arrondis sont de moi) qu’une famille avec deux enfants gagnant moins de 3 000 euros fait partie des classes populaires, la même famille gagnant moins de 5 100 € fait partie des classes moyennes, et enfin la même gagnant plus de 6 600 € fait partie des classes supérieures.

Les personnes trop « riches » pour avoir accès à l’habitat social et trop « pauvres » pour accéder à l’habitat commercial dans des conditions décentes sont souvent obligées de quitter la ville pour la périphérie plus ou moins éloignée voir la campagne. Il y a donc un chantier crucial et conséquent, dont les résultats sont loin d’être acquis à l’avance, ouvert devant les maires de gauche qui accéderont au pouvoir local au printemps prochain.

Johanna Rolland, tête de liste socialiste pour l’élection municipale à Nantes, a lancé sa campagne électorale sous le signe de la collaboration : elle travaille en ce moment avec les citoyens de la ville pour établir un programme :

  • Il sera fondé sur les principes solides qui constituent l’ossature de sa vision politique
  • Il sera également ouvert sur les propositions de mesures concrétisant ces principes

Une piste, qui a certainement déjà été testé ici et ailleurs avec plus ou moins de succès, est celle d’une collaboration entre le public et le privé permettant de contraindre les loyers de certains logements permettant ainsi à nos concitoyens évoqués ci-dessus de rester « en ville » grâce à une politique publique locale ambitieuse et réaliste à la fois. Le succès d’une telle piste est dans la capacité de placer le curseur suffisamment à gauche pour être socialement efficace et suffisamment à droite pour être finançable.

C’est ce que j’ai essayé de résumé en un peu plus d’une minute dans une vidéo publiée sur le site collaboratif de la campagne socialiste nantaise. Ce site consolide les contributions citoyennes au programme de la liste conduite par Johanna Rolland. Je vous invite évidemment à profiter, vous aussi, de cette « fenêtre » pour faire vos propositions pour l’avenir de Nantes.

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Nantes, Politique

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