[Texte publié hier vers midi sur mon compte Facebook en raison des difficultés techniques rencontrées ici
donc avant le coup de force de l’armée égyptienne]

 

Dans un pays longtemps dominé par un seul homme, il n’y a plus d’état puisque c’est le dictateur qui est l’état. L’organisme qui se rapproche le plus d’un semblant d’état est l’armée car elle a en principe un poids certain dans la société, dans l’économie, etc. C’est elle par exemple qui joue le rôle qui se rapproche le plus de l’ascenseur social. C’est elle aussi qui s’avère être le corps social le mieux organisé et c’est en général qui elle aussi qui maintien son organisation lorsque l’état se délite avec la chute du dictateur.

C’est dans ce contexte que l’armée égyptienne est intervenue (un peu tardivement certes) lors du dernier épisode de la révolution égyptienne conduisant à la chute de Moubarak. Elle a ensuite rendu le pouvoir sans rechigner (Morsi a même mis à la retraite les généraux de l’ère Moubarak : Tantaoui, etc. et il en a nommé d’autres actuellement en place). En Tunisie aussi l’armée a eu une action cruciale dans la chute de Ben Ali et ni elle, ni la police, n’ont pas gardé le pouvoir pour autant.

Ce n’est donc pas dit qu’une chute de Morsi sous la pression de la rue conduise nécessairement à un coup d’état militaire mettant les généraux au pouvoir pour un long règne autocratique. Les choses peuvent se dérouler comme l’année dernière avec une armée responsable qui prend le relai d’un Morsi massivement désavoué et qui le donnerait, ensuite, à un futur pouvoir élu qui reste à venir.

Reste à savoir si, dans le cas d’une nouvelle consultation des urnes, les Frères musulmans restent majoritaires ? Car Morsi, leur candidat implicite, est arrivé au pouvoir par les urnes, ne l’oublions pas. Nous sommes donc face à une situation délicate où une grande partie de la population manifestent contre un pouvoir établit par les urnes il y a à peine un an. Morsi a raison de s’accrocher (il est élu) et l’opposition a raison de remettre en cause son autorité étant donné la mobilisation qu’elle a suscité ces dernières semaines.

En tout état de cause la difficulté que rencontre l’Egypte actuellement est tout ce qu’il y a de plus normal dans un contexte historique où l’ancien régime est mort et que le nouveau n’est pas encore totalement stabilisé voir même pas né. La France est bien placée pour comprendre un tel enchaînement d’événements, elle qui a connu bien des soubresauts après 1789. Je le signale même si je sais que l’histoire ne se répète pas et que les deux situations ne peuvent être comparées point par point.

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