Le site Slate nous gratifie ce matin d’un classement des femmes françaises les plus influentes. La rédaction reconnaît le caractère subjectif et « débattable » d’un tel classement, « le premier du genre » précise la rédaction comme pour se féliciter de cette magnifique idée.

On peut se demander pourquoi il y aurait un classement sur l’influence artificiellement restreint aux femmes seules ? La même question se poserait si on faisait le même classement pour les hommes seuls, ou pourquoi pas, pour les hommes entre 20 et 40 ans, aux yeux verts, nés en Bretagne du Sud entre Nantes et Vannes ?

Plus sérieusement, isoler l’influence de personnes humaines dans une catégorie liée à leur sexe ne se justifie aucunement. L’influence n’est pas comparable une course à pied où les caractéristiques physiques (musculaires, etc.) peuvent être déterminantes. En effet, à moins de sous-entendre, honteusement, que les femmes usent de leurs caractéristiques physiques pour assoir leur influence, je ne vois pas l’intérêt d’une telle segmentation.

ll me semble ressentir de plus en plus dans notre société une volonté de différencier nos contemporains selon des caractéristiques, certes constituves de leurs personnes, mais qu’ils n’ont pas réellement choisie. Un classement sur l’influence des femmes françaises est aussi bête, et à peine moins nocif, que le dossier de Libération sur la présence ou non de personnes d’origine étrangère dans les cabinets ministériels (juin 2012). Au passage, Slate fait comme Libération en signalant en toute fin de son papier : « on notera le faible nombre de femmes issues des minorités ».

Je ne vois pas en quoi, une caractéristique que je n’ai pas choisie, une caractéristique que je n’ai pas développée, serait, ô miracle, centrale dans la façon dont la société me perçoit ?! C’est mon existence qui devrait intéresser la société si elle veut mieux me connaître : c’est ce que j’ai choisi librement  et ce que j’ai développé librement, ce n’est évidemment pas ce sur quoi je n’ai eu aucune espèce d’influence tels que la couleur des yeux, le sexe ou le pays de naissance.

Slate conclut par « ce n’est qu’un début » ! Or quel est ce début qu’on nous annonce comme une bonne nouvelle ? Est-ce la séparation des hommes et des femmes derrière le masque d’un pseudo-progressisme qui est en fait une réalité tout ce qu’il y a de plus rétrograde ? Est-ce cela le début que nous annonce Slate ?

Si tant est que ce type de classement puisse un jour être rendu fiable, il aurait mieux valu en établir un « mixte » qui permette de réfléchir à ce qui ferait ressortir plus d’hommes que de femmes. Il aurait alors été possible de s’interroger sur les conditions qui font émerger certaines femmes et ainsi proposer des mesures permettant à d’autres femmes d’émerger à leur tour et ainsi faire progresser la cause des femmes, que dis-je, faire progresser la société toute entière qui tirerait alors profit de l’ensemble de ses composantes sans distinction de sexe.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

CATÉGORIE

Politique

Mots-clefs

, , ,