Ces derniers jours, il y a eu un massacre (peut être même deux, Bayda, Banias) dans l’ouest syrien qui était jusque-là plutôt préservé de la guerre civile. Une cinquantaine de morts dont une quinzaine d’enfants nous dit-on. Pour avoir vécu ce type d’événements de près (pas trop, heureusement), je m’interroge toujours sur ce qui conduit des hommes à mener de telles exactions ? Militairement, un massacre de civiles n’a aucune valeur. Médiatiquement, un massacre est une catastrophe pour celui qui le fait. A moins que…

La communication est une arme à double tranchant : perpétrer un massacre ça donne une mauvaise image de toi chez les personnes supposées neutres, mais le massacre donne aussi une image mauvaise de toi auprès de tes ennemis. Non seulement mauvaise, mais en plus terrorisante. Or tu as besoin de terroriser ton ennemi, plus précisément les civiles du camp adverse au tien, si tu as envie de les pousser à quitter leur région de résidence.

Ce jeu de massacre a été utilisé par l’un et l’autre camp à plusieurs reprises durant les deux ans de guerre civile syrienne (il suffit d’un prêtre décapité pour faire fuir une communauté). En cette fin de semaine, c’est le camp du régime qui y a recours dans une région jusque-là plutôt calme. Bayda est dans la campagne alentour de la ville de Banias. Banias est sur la côte : cette zone entre Tartous et Lattaquié est censée être la « zone à défendre » pour le régime dans la mesure où elle constitue son « camp de base », le lieu dont est issue la majorité des alaouites, la région où les chrétiens ont pu se réfugier parfois. En tout cas une zone plutôt calme jusque-là où les choses s’accélèrent notamment au travers d’un massacre qui vise les sunnites les conduisant à fuir. La séquence massacre => terreur => fuite, cela ressemble fort à un « nettoyage confessionnel ». L’usage du mot « ethnie » serait une erreur dans le cas syrien dans la mesure où toutes les communautés de la région côtière sont Arabes (les Turkmènes et les Kurdes sont au nord).

En tout état de cause, tout cela confirme la « libanisation » de la situation syrienne même si au Liban, personne n’a osé enlevé des religieux de premier rang pour négocier je ne sais quelle rançon…

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