C’est la première fois que j’ouvre cet espace à quelqu’un d’autre que moi. Je suis heureux d’accueillir ici Lucas Demurger au travers d’un texte où il y évoque le sujet du jour, la disparition de Stéphane Hessel, avec le recul que peu ont su avoir tout au long de cette journée.

Envie de ne pas miauler avec les loups ce soir…

Si, comme tout le monde, j’avais bien sûr de l’estime pour Stéphane Hessel (comment ne pas en avoir ?), je continue à trouver profondément désagréable l’instrumentalisation médiatique et moralisatrice (mais n’est-ce pas souvent la même chose ?), parfois à la limite de la propagande, qui a été faite de son tract « Indignez-vous » – moins qu’un livre, plus qu’une carte postale quand même.

Tous les médias, aussi bien « officiels » que « contestataires » ; tous les partis, de la gauche la plus sociale-démocrate à l’extrême gauche la plus radicale, en passant par le Front de Gauche et les écologistes : tout le monde s’est empressé de donner dans le culte de la personnalité.

Comment comprendre, et surtout admettre une telle unanimité ? L’indignation comme unique horizon politique… Quelle pitié…

Mais, ce soir, ce qui m’intéresse, c’est moins le tract insignifiant que le « véritable destin » de son auteur.

Hessel a largement été la victime complaisante de cette récupération publicitaire. En témoignent les livres « signés » en duo avec le Dalaï-Lama, ou encore avec Edgar Morin, afin d’indiquer « la Voie », comme d’autres montrent la « Lumière »…

Je ne peux m’empêcher de ressentir une forte gêne devant une telle instrumentalisation, qui a permis à quelques éditeurs avisés, ainsi que certains petits marquis du gauchisme inoffensif, de se refaire une santé sur le dos d’un vieux monsieur.

Au prix, également, d’une indécente récupération de la Résistance, réduite, par quelques « mutins de Panurge » (comme disait le regretté Muray) et autres rebelles de confort, à un simple sentiment d’indignation.

Au fond, je suis triste pour Hessel – mais moins peut-être parce qu’il est mort que parce qu’il a galvaudé sa vieillesse et son autorité morale, en finissant sa carrière en homme-sandwich de n’importe qui et de n’importe quoi, sorte de gourou « new age » des temps médiatiques…

Sur la fin, plus qu’une icône, Hessel était devenu une véritable idole, le Veau d’or à lui tout seul. Voilà ce qui me rend un peu triste, ce soir. Qui souhaiterait finir en idole… En vieux monsieur empaillé par les médias…

Définitivement, à Hessel, qui a bien commencé, mais mal fini (ce qui au fond ne regarde que lui, et n’invalide en rien l’essentiel de sa vie), je préfère l’humble, lucide et tout aussi courageux Daniel Cordier. A qui, le moment tard venu, je souhaite une autre fin.

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