Capture d’écran 2017-10-16 à 19.22.13.pngÇa faisait longtemps que je me lamentais en considérant que Marx et Keynes — qui ont donné ses grandes idées économiques à la gauche au XIXe et au XXe siècle — ne suffisent plus et que leur successeur qui marquera l’économie politique de gauche du XXIe n’est pas encore identifié — peut-être même pas né. Néanmoins, les prémices du corpus économique de la gauche du XXIe siècle (et vous êtes peut-être en avance sur moi, désolé d’être un peu lent des fois) est probablement déjà là devant nos yeux depuis quelque temps, mais encore faut-il que le courage de s’en saisir naisse dans les esprits qui porteront la gauche de demain.

En réalité la chose est plus complexe que ce qu’on dit parfois — qui est plus à gauche et qui l’est moins — car il s’agit de renouveler les grands principes qui guident nos politiques économiques sans plonger dans une nostalgie d’un âge d’or dont on sait qu’il n’a pas — jamais — existé pas et que, par conséquent, il s’avère inutile de chercher à faire advenir à nouveau avec des recettes d’une autre époque. Les auteurs de cet ouvrage collectif s’appuient sur la pensée de leurs prédécesseurs en essayant de l’actualiser : Schumpeter, Polanyi et Keynes.

Je ne peux pas tout résumer, mais je signale simplement quelques grands principes décrits dans l’ouvrage.

  1. Le marché comme concept abstrait déconnecté et préexistant à son environnement n’existe pas. C’est cet environnement qui constitue le marché et le maintien par l’interaction des acteurs et institutions privés et publics.
  2. C’est l’investissement, public et privé, dans l’innovation technique et organisationnelle qui crée la croissance et le développement. Le rôle des politiques publiques est donc d’encourager par tous les moyens (investissements, fiscalité, éducation, leviers sur l’offre et sur la demande, etc.) l’investissement à long terme capable de générer de l’innovation.
  3. La co-production de valeur économique, pour tenir dans le temps, donc être durable, doit prendre en compte le partage des richesses produites à un instant t, mais aussi le partage des richesses entre générations, y compris le partage des ressources biophysiques.

Et pour construire et maintenir ces trois principes, il est nécessaire que l’action collective ne se contente pas de corriger ce qu’on appelle à tort les « défaillances » des marchés. Il est nécessaire que l’action collective participe à la création et au maintien des marchés pour co-produire la valeur économique et en assurer une juste distribution. On obtiendra alors un système économique innovant durable et juste qui ne contredit par le capitalisme, mais qui en assure une meilleure compréhension du fonctionnement.
Ça peut paraître évident pour les tenants de la social-démocratie et pourtant ce n’est pas ce que nous faisons quand nous exerçons le pouvoir !

PS / et évidemment, je n’évoque ici que la dimension économique qui ne peut pas à elle seule résumer l’ensemble de ce qu’est (ou devrait être) la gauche.

 

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Economie, Politique

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