Depuis plus d’un an, la République libanaise n’a plus de président. Au Liban, communautarisme oblige, chaque confession envoie, après consensus, son représentant à l’une des trois présidences : celle de la République pour les maronites, celle du conseil des ministres pour les sunnites, celle du parlement pour les chiites.

L’absence de consensus sur le candidat pour la présidence de la République empêche depuis des mois l’accès à ce poste (relativement honorifique à moins d’être doublé par un bloc parlementaire solide) du principal leader maronite, Michel Aoun.

Saad Hariri et l’Arabie Saoudite, opposés à la Syrie depuis 2005 et encore plus depuis le début de la guerre syrienne, ont décidé cette semaine de soutenir presqu’ouvertement un autre leader maronite. Sleiman Frangieh, petit-fils d’un ancien président de la République (ils portent le même prénom). Les Frangieh sont des amis intimes des Assad de l’époque de Frangieh grand-père et d’Assad père. Sleiman Frangieh est l’allié d’Aoun depuis 2005 et tous deux sont alliés au Hezbollah, le premier depuis toujours, le deuxième depuis 2006.

Le soutien de Hariri à Frangieh est un coup de maître, il cible l’alliance entre Frangieh et Aoun et met le Hezbollah dans une position délicate. C’est peut-être bien le premier coup de maître du jeune Hariri et c’en est tellement étonnant que l’on se demande si l’initiative lui revient ou émane plutôt de ses sponsors saoudiens. En tout état de cause, Ryadh soutient la candidature d’un ami personnel d’Assad au moment même où les alliances se déconstruisent pour se reconstruire au Moyen-Orient en particulier suite aux attentats commis par l’Etat pseudo-islamique en Arabie Saoudite, au Sinaï contre l’avion russe, et à Paris.

De manière anecdotique on se rappellera qu’en 1988, Assad père et James Murphy (secrétaire d’état des Etats-Unis) avaient retenu Frangieh, le grand père, pour succéder à Amine Gemayel (President entre 1982 et 1988). Ce qu’Aoun, à l’époque commandant en chef de l’armée reguliere, et Samir Geagea, à l’époque chef de la principale milice maronite, avaient refusé. Ils avaient même réussi à bloquer l’élection laissant le champ libre à Gemayel pour désigner Aoun comme premier ministre provisoire avec autorité du gouvernement provisoire réuni pour remplacer le President durant le premier vide  présidentiel qui durera de septembre 1988 à octobre 1990. Voilà donc les mêmes noms à nouveau dans le même jeu, le tout dans un état-tampon toujours incapable de se gérer seul sans intervention syro-saoudo-americaine !

Et si vous n’avez rien compris, je vous conseille cette vidéo intemporelle concernant le Liban

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