L’invasion américaine de l’Irak a été faite sous la houlette néoconservatrice d’un prétendu « nation building« . Paul Bremer, le premier gouverneur de l’Irak sous occupation américaine, s’est précipité dans une décision qui allait laisser des traces jusqu’à aujourd’hui et encore espoir longtemps : il a dissous l’armée irakienne !

Or comme chacun peut s’en rendre compte en visitant une dictature, l’armée est le principal, parfois l’unique, appareil d’état. Dissoudre la seule chose qui fait un état c’est dissoudre l’état en lui-même. On voit aujourd’hui la catastrophe que constitue la volonté de l’homme de jouer de manière aussi radicale avec le sort des nations : hier 30 000 soldats de la nouvelle armée irakienne souhaitée par Bush, Bremer et leurs acolytes ont pris la fuite devant 800 miliciens d’Abu Bakr Al Baghdadi.

Les événements de ces derniers jours en Irak sont étonnants par leur rapidité et complexe en raison des acteurs concernés. Pour mieux appréhender cette situation catastrophique, je conseille la lecture d’un papier datant d’hier de l’excellente revue en ligne OrientXXI. On y verra qu’après Fallouja puis Moussoul, c’est Bagdad qui est peut-être la prochaine étape. On est en pleine déconfiture du semblant d’état irakien reconstruit après l’invasion américaine.

Les événements de ces deux derniers jours sont bien éclairés dans l’article du Guardian où l’on découvre la façon dont l’armée irakienne a capitulé devant les milices d’ISIS. Quant au rôle important joué par les puissances régionales et en particulier le très néfaste jeu du Royaume des Saoud, on pourra mieux les comprendre au travers de ce papier de Foreign Policy.

Par ailleurs, l’organisation takfirie connue sous le nom d’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) également connu sous le nom d’ISIS (Islamic state in Iraq and al Sham) avait déjà été évoquée sur ce blog sous un angle un peu personnel. Et j’avais également évoqué il y a quelques mois la terminologie utilisée dans la description du phénomène du radicalisme islamiste.

Joindre la conversation 1 commentaire

  1. […] partisan du state-building à la façon des néo-conservateurs de tous poils : on sait comment ont commencé les malheurs contemporains de l’Irak ! Les Etats-Unis, en laissant libre, et même en […]

    Réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

CATÉGORIE

Monde

Mots-clés

,