Oh ne craignez rien, je ne vois pas la main d’Israël derrière chaque choix fait par le dernier des décideurs occidentaux. Ce n’est pas le genre de la maison qui croit plutôt aux jeux des intérêts qui conduisent à une situation donnée à un moment donné et dans un périmètre donné.

Il n’en reste pas moins qu’Israël est un acteur central du Moyen-Orient et qu’il a des relations privilégiées avec les Etats-Unis dont il est l’allié majeur depuis plusieurs décennies (avec l’Egypte et l’Arabie Saoudite pour d’autres raisons et dans de moindres mesures). Or en tant qu’acteur régional majeur ayant une certaine intimité avec le principal décideur de l’éventuelle intervention occidentale en Syrie, la question des intérêts d’Israël dans le lancement d’une telle aventure doit être posée en toute sérénité.

La question qui reste sans réponse jusque-là est donc la suivante : Israël a-t-il intérêt à prendre le risque d’avoir des microétats instables sur ses frontières sud (Sinaï) et nord (entre Damas et le Golan) ?

Pour le sud c’st déjà e cas en partie aux vues des attaques menées par les takfiris contre l’armée égyptienne dans plusieurs points du Sinaï sans que cette dernière ait pu démontrer jusqu’ici sa capacité à reprendre le contrôle de la zone. Faut-il donc en plus ouvrir une nouvelle brèche dans le périmètre, au nord cette fois-ci ? La rébellion syrienne dont les composantes les plus puissantes à ce jour sont ISIS et Jabhat Al Nosra : l’une ou l’autre pourraient contrôler une zone limitrophe des frontières israéliennes (le Golan est annexé par Israël même si l’ONU ne reconnaît pas cette décision).

Je ne le pense pas, car il est plus facile d’encadrer un Assad ou un Sadat plutôt qu’un émir borgne comme ceux du Mali d’AQMI et de l’Afghanistan des Talibans.

Les plus jeunes ne se rappellent probablement pas de ce qui s’appelait « Fatahland » dans les années 70 au sud du Liban : il s’agissait d’un territoire hors du contrôle de l’état libanais où (entre autres)  le Fatah, la principale composante de l’OLP, opérait comme bon lui semblait y compris en attaquant Israël depuis ses bases libanaises. Cet état de fait a conduit à une première intervention suivie d’une occupation au Liban sud en 1978 (opération « Litani ») puis à nouveau et de manière plus massive et plus durable en 1982 (opération « Paix en Galilée »). Ces deux interventions ont coûté évidemment très cher aux Libanais et aux Palestiniens, mais aussi aux Israéliens. Ainsi on voit bien que les expériences passées sont plutôt favorables, du point de vue israélien, à des états forts, stables et maîtrisés plutôt qu’à des zones incontrôlables et fortement inflammables.

… Et pourtant les différents groupes de pression américains pro-israéliens, comme le rapportait hier Reuters, ont poussé fort, très fort, pour que Républicains et Démocrates tombent d’accord sur l’intervention proposée par Obama !

Va comprendre ce qui peut se passer dans les esprits des décideurs d’ici et d’ailleurs…

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