Liberté, Liberté, Liberté pour l’Iran. Vive l’Iran libre.

Mesdames, Messieurs, chers amis, chers camarades,
Nous nous sommes vu il y a quelques semaines ici pour partage un moment de solidarité avec le peuple iranien.
Nous sommes là, à nouveau, nous sommes là encore aujourd’hui. Encore ensemble, sur cette place. Parce que rien n’est réglé. Parce que la répression menée par le régime théocratique continue. Et que la répression est aujourd’hui doublée d’une guerre, de bombardements et de toujours plus de souffrance pour le peuple iranien. Nous sommes là aujourd’hui, parce que le silence serait une faute.

Je veux commencer par une pensée pour les victimes. Toujours les victimes. Mahsa Amini d’abord — dont le nom reste le nom de cette résistance. Et toutes celles et tous ceux qui sont tombés depuis. Ettoutes celles et tous ceux qui sont tombés auparavant depuis 1979, dans les geôles du régime de Khomeyni et de Khameneï.

Mais je veux aujourd’hui nommer quelque chose de précis. Quelque chose d’horrible qui ne peut pas être passé sous silence. En janvier dernier, en deux jours, le régime iranien a massacré entre trente et quarante mille personnes. En deux jours. 30 à 40 milles victimes.

Ce chiffre, il faut le laisser résonner. Trente à quarante mille Iraniennes et Iraniens. Tués par leur propre gouvernement. En deux jours.

Ayda Hadizadeh, députée socialiste française d’origine iranienne, a eu raison de faire la comparaison : c’est l’équivalent des massacres par balles commis par les nazis — les Einsatzgruppen — sur les populations juives d’Europe de l’Est. Ces épisodes sont entrés dans notre mémoire collective comme des traumatismes fondateurs. Comme des abominations que l’humanité avait juré de ne jamais laisser se reproduire.

Et pourtant. Le fameux droit international est resté silencieux en janvier. Pas un mot. Pas une action. Rien.

Ce silence est une faute. C’est une faute collective. Et nous devons le dire. Le monde ne peut pas être régit par la loi du plus fort, par la loi de la jungle.

Parce que si le droit international ne sert qu’à condamner — et jamais à protéger — alors il ne sert à rien. Il condamne après. Il observe pendant. Et les gens meurent.

Ce que nous demandons, c’est autre chose. C’est que nos gouvernements cessent d’osciller entre la déclaration et l’oubli. Condamner un jour, passer à autre chose le lendemain — ce n’est pas de la politique étrangère. C’est de la gestion d’image.
La France doit aller plus loin. Elle doit porter au niveau international une réforme de l’architecture du droit international. Pour que des dispositions réelles permettent de protéger les populations menacées par leur propre régime. Pas seulement de les plaindre après coup.

Le Parti socialiste a une position clair exprimé par Olivier Faure et Ayda Hadizadé.

La France et l’Europe ont un rôle à jouer. Un vrai rôle. Pas celui de spectateurs. Il y avait des négociations. Imparfaites, incomplètes — elles portaient sur le nucléaire et le balistique, pas sur le sort du peuple iranien. Mais c’était de la diplomatie. Donald Trump a choisi d’y mettre fin. Il a choisi les bombes. Et maintenant il va plus loin encore : il veut faire tomber le régime en imposant son choix pour le prochain guide suprême. C’est-à-dire qu’il veut décider, depuis Washington, qui va diriger l’Iran. Comme un parrain qui place ses hommes. Comme il l’a fait au Venezuela. Comme il prétend le faire en Iran.

Cela, nous ne pouvons pas l’accepter. Pas parce que nous défendons le régime — nous le combattons comme nous combattons toutes les théocraties. Mais parce que le peuple iranien a déjà vu son avenir lui être volé. En 1953, quand la CIA a renversé Mossadegh. En 1979, quand le pouvoir a été confisquée par les mollahs. Il n’a pas besoin qu’on lui vole une troisième fois sa souveraineté — cette fois au nom de la liberté.

Ce que nous demandons à la France et à l’Europe, c’est de placer le peuple iranien au centre. Pas les intérêts géopolitiques. Pas les calculs stratégiques. Le peuple. Il doit être le début et la fin de toute stratégie. Notre boussole. La seule qui vaille.

Nantes, notre ville, a des engagements. L’Édit qui porte son nom. La loi de 1905. Le titre de Compagnon de la Libération. Ce ne sont pas des décorations. Ce sont des éléments de notre passé, de notre identité, qui nous obligent.

L’obligation de ne pas regarder ailleurs. L’obligation de nommer ce qui se passe. Et de le nommer clairement : c’est un massacre d’État qui s’est déroulé sous nos yeux.
Je veux aussi avoir une pensée pour Cécile Kohler et Jacques Paris. Nos compatriotes. Toujours retenus arbitrairement à Téhéran. Leur libération n’est pas négociable. Elle doit rester une exigence constante de la diplomatie française.

Et je veux terminer sur ce que disait Ayda Hadizadeh avec beaucoup de lucidité. Cet épisode de janvier — ce massacre — devrait être un réveil. Pour tous ceux qui croient à la démocratie. Pour tous ceux qui croient aux droits humains. Non pas comme des valeurs occidentales. Comme des principes universels.

Le peuple iranien n’attend pas qu’on lui apporte la liberté portée par les bombes et missiles israéliens et américains. Il se bat pour elle. Depuis des années. Au prix du sang. Ce que nous lui devons, c’est de ne pas l’abandonner. De ne pas regarder, impuissants, en haussant les épaules.

Et si vous voulez comprendre, ce soir, ce que signifie grandir en Iran sous ce régime — ce que ça fait dans le corps, dans la tête, dans une vie — regardez le film Persepolis. Ce soir, à 21h, sur France 4. Un film magnifique, adapté de la bande dessinée de Marjane Satrapi. Une œuvre qui dit, mieux que bien des discours, pourquoi nous sommes là aujourd’hui.

La liberté n’est pas un luxe. C’est ce pour quoi des femmes et des hommes meurent, en ce moment, à Téhéran dans les geôles du régime théocratique.

Liberté, Liberté, Liberté pour l’Iran. Vive l’Iran libre.

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