Dans le débat public français, la laïcité est souvent présentée comme un principe juridique abstrait, presque technique. On l’invoque pour régler des controverses, on la brandit pour dénoncer des dérives, mais on oublie parfois qu’elle s’inscrit dans une histoire longue : celle du passage d’une société régie par l’hétéronomie — une loi qui vient d’ailleurs — à une société fondée sur l’autonomie politique, où la loi est produite par les citoyens eux-mêmes.
Ce déplacement est décisif. Il éclaire la signification profonde de la laïcité et la manière dont elle a rendu possible l’émancipation démocratique, notamment celle des minorités qui, pendant des siècles, n’avaient pas accès à la pleine appartenance à la communauté nationale.
De l’hétéronomie : quand la loi ne vient pas des citoyens
Pendant la plus grande partie de l’histoire européenne, la norme juridique et l’ordre politique étaient liés à une autorité extérieure au corps social : Dieu, l’Église ou un souverain qui régnait « de droit divin ». La plupart des individus n’étaient pas sujets politiques mais croyants placés sous la tutelle d’une orthodoxie religieuse qui définissait la place de chacun dans la communauté.
Dans ce contexte, appartenir à une religion minoritaire signifiait être placé en marge. Les Juifs en ont été l’exemple le plus durable : exclus de la citoyenneté, confinés dans un statut séparé, parce que la loi civile se confondait avec la loi religieuse de la majorité.
L’hétéronomie n’était pas seulement spirituelle : elle était sociale et politique. La loi ne venait pas du peuple ; elle s’imposait à lui.
L’émergence de l’autonomie : quand les citoyens deviennent auteurs de la loi
À partir du XVIIIᵉ siècle, un basculement s’opère. Les Lumières introduisent l’idée que la loi politique doit être l’œuvre des hommes, non le prolongement d’une vérité révélée. La Révolution française radicalise cette intuition : la souveraineté réside désormais dans la nation, non dans Dieu, ni dans un clergé, ni dans un monarque sacralisé.
C’est l’entrée dans l’autonomie : les citoyens deviennent auteurs de la loi qu’ils doivent suivre. Pour la première fois en Europe, à cette échelle-ci, la citoyenneté est pensée comme indépendante de la foi. La question qui compte n’est plus : « Quelle est ta religion ? » mais « Acceptes-tu la loi commune ? ».
C’est dans ce contexte que s’inscrit l’émancipation des Juifs en 1791. Elle n’est pas un geste ponctuel : elle découle logiquement de ce renversement philosophique et politique. Dès lors que la loi n’est plus confessionnelle, rien ne justifie plus qu’un citoyen soit exclu au nom de sa confession.
La laïcité : la clé institutionnelle de cette autonomie
Mais cette mutation ne devient réellement stable et durable qu’au moment où la France adopte un cadre juridique clair : la séparation des Églises et de l’État. La laïcité n’est pas une invention ex nihilo ; elle est la formalisation institutionnelle du passage de l’hétéronomie à l’autonomie.
Elle remplit trois fonctions essentielles.
1. Libérer la loi civile de la tutelle religieuse
La laïcité garantit que les autorités religieuses ne peuvent plus imposer leur doctrine comme norme juridique. Sans cette séparation organique, la loi reste exposée au risque d’être captée par une orthodoxie dominante — comme ce fut le cas, avec plus ou moins d’intensité, tout au long de l’histoire européenne.
2. Rendre possible l’égalité des citoyens
Si la loi ne dépend plus d’une croyance, alors l’appartenance religieuse ne peut plus déterminer le statut civil des individus. La laïcité est ainsi la condition de possibilité de l’égalité politique et de l’émancipation des minorités. Pour les Juifs, elle a signifié l’accès à une citoyenneté pleine et entière dans un espace politique qui cessait d’être chrétien dans ses fondements.
3. Préserver l’autonomie collective
La laïcité permet aux citoyens de débattre et de décider selon des raisons partageables, accessibles à tous, croyants ou non-croyants. L’espace public n’est plus soumis à une vérité révélée : il devient un espace de délibération démocratique. En retirant la religion des institutions politiques, on garantit que la loi ne dépend que de la souveraineté populaire.
4. Préserver l’autonomie interne des cultes
La laïcité de 1905 garantit également — aspect qu’il ne faut pas minimiser — aux religions la capacité de s’organiser librement dans le cadre de la loi commune. Elle met fin à la tutelle directe que l’État exerçait sur leurs affaires internes — le régime concordataire en étant l’exemple le plus explicite — et leur permet de fonctionner sans contrôle politique sur leur gouvernance ou leur vie religieuse.
Sans laïcité, le politique peut toujours recapturer le religieux
L’histoire offre de nombreux exemples où l’absence de séparation conduit à la captation du religieux par le pouvoir politique. L’Angleterre d’Henri VIII en est un cas emblématique : un désaccord dynastique se transforme en création d’une Église nationale placée sous l’autorité du souverain. C’est l’exact inverse de la laïcité : non seulement l’État n’est pas neutre, mais il devient le chef d’une institution religieuse.
Ce type de situation montre la fragilité des équilibres quand le politique et le religieux ne sont pas clairement distingués. La laïcité, au contraire, empêche que les conflits de pouvoir se transforment en querelles de croyance, et que la religion devienne un instrument de domination.
La séparation comme protection contre la sacralisation des conflits
Lorsque le politique et le religieux sont imbriqués, un conflit d’intérêt ou de succession peut se sacraliser, devenir une fracture spirituelle durable. Le schisme entre sunnites et chiites illustre ce processus : un désaccord politique, purement sur une question de succession de leadership à l’origine, devient une division religieuse qui structure encore aujourd’hui des identités, des États et des conflits.
La laïcité, en tant que principe moderne, vise précisément à empêcher ce type de dérive : elle empêche que les luttes de pouvoir se transforment en putative guerre du vrai et du faux. Elle désacralise le politique et protège le religieux de son instrumentalisation.
Pourquoi la laïcité n’est pas une option « culturelle », mais une conquête démocratique
La laïcité est souvent lue comme un trait particulier de la culture française. C’est une erreur d’échelle : c’est une réponse politique à un problème universel.
Dès lors qu’une société veut :
- garantir la liberté de conscience,
- assurer l’égalité des citoyens,
- permettre une délibération commune qui ne soit pas dominée par une croyance particulière,
alors elle doit séparer les pouvoirs. Cette séparation n’est pas anti-religieuse : elle permet au contraire aux individus de croire ou de ne pas croire ou de changer de croyance, et aux religions de vivre sans être captives de l’État.
Comme l’a montré Marcel Gauchet, la démocratie naît lorsque les sociétés sortent de l’hétéronomie religieuse : elles cessent de recevoir la loi d’une instance sacrée pour devenir capables de se donner leurs propres normes.
La laïcité est ce moment où l’on décide que la loi ne peut pas venir d’ailleurs que des citoyens, entendus comme individus libres et égaux, et non comme représentants de communautés distinctes. Elle est le socle d’une République qui n’est plus définie par une orthodoxie, mais par un principe : l’égalité des droits et l’autonomie de chacun.
Dans cette perspective, ainsi que l’a montré la philosophe Catherine Kintzler, la laïcité repose sur un double principe de liberté : nul n’est tenu d’adopter une religion plutôt qu’une autre, nul n’est tenu de n’en avoir aucune, et nul n’est tenu de préférer l’absence de religion à une appartenance spirituelle. La puissance publique doit s’abstenir absolument de toute intervention en matière de croyance ou d’incroyance : elle ne peut ériger de religion officielle, fût-elle civile, ni orienter les consciences. De manière symétrique, la loi commune ne peut émaner que des citoyens pris individuellement, et jamais des communautés — religieuses ou non — qui ont toute leur place dans la société civile mais ne participent pas à la formation de la volonté générale. Cette architecture garantit que la liberté de conscience demeure entière, que l’égalité est assurée entre tous, et que la République se construit à partir d’individus libres et égaux.
Conclusion : la loi ne descend plus d’en haut, elle se construit entre citoyens
La laïcité n’est pas un vestige d’un vieux combat. C’est la clef de voûte d’une architecture politique qui garantit que la souveraineté populaire n’a pas de rivale et que la liberté de conscience n’a pas de maître. Elle consacre le passage d’une loi conçue et imposée de manière verticale à une loi élaborée horizontalement entre citoyens libres et égaux ; une fois ainsi adoptée par la volonté générale, cette loi ainsi co-construite devient la seule verticalité légitime qui s’impose à tous.
Elle s’inscrit dans la continuité d’un mouvement historique : passer d’un monde où la loi s’imposait de l’extérieur — hétéronomie — à un monde où la loi est l’œuvre de ceux qui doivent l’appliquer — autonomie.
Elle a permis l’émancipation des minorités en rendant la citoyenneté indépendante des croyances. Elle protège le politique de la sacralisation, et le religieux de la captation.
Laïcité : une conquête politique sur le chemin de l’autonomie
Dans le débat public français, la laïcité est souvent présentée comme un principe juridique abstrait, presque technique. On l’invoque pour régler des controverses, on la brandit pour dénoncer des dérives, mais on oublie parfois qu’elle s’inscrit dans une histoire longue : celle du passage d’une société régie par l’hétéronomie — une loi qui vient d’ailleurs — à une société fondée sur l’autonomie politique, où la loi est produite par les citoyens eux-mêmes.
Ce déplacement est décisif. Il éclaire la signification profonde de la laïcité et la manière dont elle a rendu possible l’émancipation démocratique, notamment celle des minorités qui, pendant des siècles, n’avaient pas accès à la pleine appartenance à la communauté nationale.
De l’hétéronomie : quand la loi ne vient pas des citoyens
Pendant la plus grande partie de l’histoire européenne, la norme juridique et l’ordre politique étaient liés à une autorité extérieure au corps social : Dieu, l’Église ou un souverain qui régnait « de droit divin ». La plupart des individus n’étaient pas sujets politiques mais croyants placés sous la tutelle d’une orthodoxie religieuse qui définissait la place de chacun dans la communauté.
Dans ce contexte, appartenir à une religion minoritaire signifiait être placé en marge. Les Juifs en ont été l’exemple le plus durable : exclus de la citoyenneté, confinés dans un statut séparé, parce que la loi civile se confondait avec la loi religieuse de la majorité.
L’hétéronomie n’était pas seulement spirituelle : elle était sociale et politique. La loi ne venait pas du peuple ; elle s’imposait à lui.
L’émergence de l’autonomie : quand les citoyens deviennent auteurs de la loi
À partir du XVIIIᵉ siècle, un basculement s’opère. Les Lumières introduisent l’idée que la loi politique doit être l’œuvre des hommes, non le prolongement d’une vérité révélée. La Révolution française radicalise cette intuition : la souveraineté réside désormais dans la nation, non dans Dieu, ni dans un clergé, ni dans un monarque sacralisé.
C’est l’entrée dans l’autonomie : les citoyens deviennent auteurs de la loi qu’ils doivent suivre. Pour la première fois en Europe, à cette échelle-ci, la citoyenneté est pensée comme indépendante de la foi. La question qui compte n’est plus : « Quelle est ta religion ? » mais « Acceptes-tu la loi commune ? ».
C’est dans ce contexte que s’inscrit l’émancipation des Juifs en 1791. Elle n’est pas un geste ponctuel : elle découle logiquement de ce renversement philosophique et politique. Dès lors que la loi n’est plus confessionnelle, rien ne justifie plus qu’un citoyen soit exclu au nom de sa confession.
La laïcité : la clé institutionnelle de cette autonomie
Mais cette mutation ne devient réellement stable et durable qu’au moment où la France adopte un cadre juridique clair : la séparation des Églises et de l’État.
Aristide Briand rappelait que la loi de 1905 devait être « acceptable par tous », non pour affaiblir la République mais pour l’apaiser. En refusant toute logique de rupture ou d’humiliation, il conçoit la laïcité comme un cadre d’équilibre : une loi qui protège l’État des Églises, sans mettre en péril l’existence des cultes. Ce geste fondateur ancre la séparation dans une logique de stabilité démocratique.
Jean Jaurès donnait à la laïcité une portée encore plus large : elle n’était pas seulement un moyen d’organiser la paix civile, mais la condition même de la démocratie. « Il n’y a que le néant qui soit neutre », disait-il : l’État républicain doit être affranchi des dogmes pour garantir l’égalité de tous et permettre l’émancipation des consciences. Pour Jaurès, la séparation n’est pas une fin, mais l’instrument d’un projet politique visant l’autonomie de chacun.
La laïcité n’est pas une invention ex nihilo ; elle est la formalisation institutionnelle du passage de l’hétéronomie à l’autonomie.
Elle remplit quatre fonctions essentielles.
1. Libérer la loi civile de la tutelle religieuse
La laïcité garantit que les autorités religieuses ne peuvent plus imposer leur doctrine comme norme juridique. Sans cette séparation organique, la loi reste exposée au risque d’être captée par une orthodoxie dominante — comme ce fut le cas, avec plus ou moins d’inensité, tout au long de l’histoire européenne.
2. Rendre possible l’égalité des citoyens
Si la loi ne dépend plus d’une croyance, alors l’appartenance religieuse ne peut plus déterminer le statut civil des individus. La laïcité est ainsi la condition de possibilité de l’égalité politique et de l’émancipation des minorités. Pour les Juifs, elle a signifié l’accès à une citoyenneté pleine et entière dans un espace politique qui cessait d’être chrétien dans ses fondements.
3. Préserver l’autonomie collective
La laïcité permet aux citoyens de débattre et de décider selon des raisons partageables, accessibles à tous, croyants ou non-croyants. L’espace public n’est plus soumis à une vérité révélée : il devient un espace de délibération démocratique. En retirant la religion des institutions politiques, on garantit que la loi ne dépend que de la souveraineté populaire.
4. Préserver l’autonomie interne des cultes
La laïcité de 1905 garantit également — aspect qu’il ne faut pas minimiser — aux religions la capacité de s’organiser librement dans le cadre de la loi commune. Elle met fin à la tutelle directe que l’État exerçait sur leurs affaires internes — le régime concordataire en étant l’exemple le plus explicite — et leur permet de fonctionner sans contrôle politique sur leur gouvernance ou leur vie religieuse.
Sans laïcité, le politique peut toujours recapturer le religieux
L’histoire offre de nombreux exemples où l’absence de séparation conduit à la captation du religieux par le pouvoir politique. L’Angleterre d’Henri VIII en est un cas emblématique : un désaccord dynastique se transforme en création d’une Église nationale placée sous l’autorité du souverain. C’est l’exact inverse de la laïcité : non seulement l’État n’est pas neutre, mais il devient le chef d’une institution religieuse.
Ce type de situation montre la fragilité des équilibres quand le politique et le religieux ne sont pas clairement distingués. La laïcité, au contraire, empêche que les conflits de pouvoir se transforment en querelles de croyance, et que la religion devienne un instrument de domination.
La séparation comme protection contre la sacralisation des conflits
Lorsque le politique et le religieux sont imbriqués, un conflit d’intérêt ou de succession peut se sacraliser, devenir une fracture spirituelle durable. Le schisme entre sunnites et chiites illustre ce processus : un désaccord politique, purement sur une question de succession de leadership à l’origine, devient une division religieuse qui structure encore aujourd’hui des identités, des États et des conflits.
La laïcité, en tant que principe moderne, vise précisément à empêcher ce type de dérive : elle empêche que les luttes de pouvoir se transforment en putative guerre du vrai et du faux. Elle désacralise le politique et protège le religieux de son instrumentalisation.
Pourquoi la laïcité n’est pas une option « culturelle », mais une conquête démocratique
La laïcité est souvent lue comme un trait particulier de la culture française. C’est une erreur d’échelle : c’est une réponse politique à un problème universel.
Dès lors qu’une société veut :
- garantir la liberté de conscience,
- assurer l’égalité des citoyens,
- permettre une délibération commune qui ne soit pas dominée par une croyance particulière,
alors elle doit séparer les pouvoirs. Cette séparation n’est pas anti-religieuse : elle permet au contraire aux individus de croire ou de ne pas croire ou de changer de croyance, et aux religions de vivre sans être captives de l’État.
Comme l’a montré Marcel Gauchet, la démocratie naît lorsque les sociétés sortent de l’hétéronomie religieuse : elles cessent de recevoir la loi d’une instance sacrée pour devenir capables de se donner leurs propres normes.
La laïcité est ce moment où l’on décide que la loi ne peut pas venir d’ailleurs que des citoyens, entendus comme individus libres et égaux, et non comme représentants de communautés distinctes. Elle est le socle d’une République qui n’est plus définie par une orthodoxie, mais par un principe : l’égalité des droits et l’autonomie de chacun.
Dans cette perspective, ainsi que l’a montré la philosophe Catherine Kintzler, la laïcité repose sur un double principe de liberté : nul n’est tenu d’adopter une religion plutôt qu’une autre, nul n’est tenu de n’en avoir aucune, et nul n’est tenu de préférer l’absence de religion à une appartenance spirituelle. La puissance publique doit s’abstenir absolument de toute intervention en matière de croyance ou d’incroyance : elle ne peut ériger de religion officielle, fût-elle civile, ni orienter les consciences. De manière symétrique, la loi commune ne peut émaner que des citoyens pris individuellement, et jamais des communautés — religieuses ou non — qui ont toute leur place dans la société civile mais ne participent pas à la formation de la volonté générale. Cette architecture garantit que la liberté de conscience demeure entière, que l’égalité est assurée entre tous, et que la République se construit à partir d’individus libres et égaux.
Le philosophe Philip Pettit distingue deux conceptions de la liberté : la liberté comme non-interférence et la liberté comme non-domination. La première consiste simplement à ne pas subir d’obstacles directs. La seconde, plus exigeante, vise à ne jamais être exposé au pouvoir arbitraire d’un autre, même si ce pouvoir ne s’exerce pas effectivement. Sous cet angle, la laïcité peut être comprise comme une règle d’interférence légitime : en séparant les autorités religieuses et politiques et en empêchant toute pression normative d’un groupe particulier sur la loi commune, elle limite certaines interférences pour protéger le principe supérieur de non-domination. Elle garantit que nul ne puisse être soumis — même potentiellement — à l’autorité d’une croyance qu’il ne partage pas. Ce régime d’autolimitation collective permet à chacun de vivre en citoyen libre dans un espace politique où aucune doctrine ne peut dominer les autres.
Conclusion : la loi ne descend plus d’en haut, elle se construit entre citoyens
La laïcité n’est pas un vestige d’un vieux combat. C’est la clef de voute d’une architecture politique qui garantit que la souveraineté populaire n’a pas de rivale et que la liberté de conscience n’a pas de maître. Elle consacre le passage d’une loi conçue et imposée de manière verticale à une loi élaborée horizontalement entre citoyens libres et égaux ; une fois ainsi adoptée par la volonté générale, cette loi ainsi co-construite devient la seule verticalité légitime qui s’impose à tous.
Elle s’inscrit dans la continuité d’un mouvement historique : passer d’un monde où la loi s’imposait de l’extérieur — hétéronomie — à un monde où la loi est l’œuvre de ceux qui doivent l’appliquer — autonomie.
Elle a permis l’émancipation des minorités en rendant la citoyenneté indépendante des croyances. Elle protège le politique de la sacralisation, et le religieux de la captation.
En un mot : La laïcité est le cadre qui permet à une société de se gouverner elle-même.
[Texte écrit d’une intervention orale faite lors d’une conférence sur la laïcité organisée par la fédération de Maine et Loire du Parti socialiste à Angers, le 9 août 2025]

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