Un problème dont la solution devient un problème à son tour !

Il y a des pays dont les problèmes obtiennent des solutions. Et puis il y a les pays dont les problèmes n’obtiennent pas de solutions. Et enfin il y a les pays dont les problèmes obtiennent des solutions qui s’avèrent vite être des problèmes encore plus importants que les problèmes initiaux. Vous me suivez ?

Tiens, au hasard, le Liban par exemple.

Une économie « fake » est construite depuis 1990-1992. Le caractère factice de cette économie finit par éclater, un peu comme une bulle. L’état ne peut plus rembourser la dette publique accumulée durant 30 ans pour construire l’économie fake. Cessation de paiement en 2020. Les grands épargnants ont eu le temps de sortir leur épargne en dollars du circuit. Les petits épargnants n’en ont pas cette « chance ». Le système bancaire, et la banque centrale à sa tête, ponctionne tranquillement une large part de l’épargne des pauvres. On appelle cette technique un « haircut ». La devise perd (jusqu’à 13 fois) de sa valeur. L’import de produits étrangers devient difficile dans la mesure où les devises pour importer les dits produits sont d’une rareté extrême. Les gens commencent à avoir du mal à s’approvisionner. Jusqu’ici, schéma classique connu sous d’autres cieux (comme la Russie ou l’Argentine dans les années 1990).

Mais ce qui caractérise le Liban c’est que quand les Libanais croient avoir touché le fond, et bien leurs décideurs publics continuent à creuser pour passer de fond en fond. Au début de l’été, le Liban ne parvenait plus à s’approvisionner en carburants. Or les carburants, au Liban, c’est le nerf de la guerre. Il en faut pour transporter les denrées, comme partout. Mais ill en faut aussi (surtout) pour faire tourner les centrales publiques produisant l’électricité ainsi que les générateurs électriques privés qui suppléent l’électricité publique plus que défaillante depuis des décennies. Or sans électricité, pas de déplacement, pas de télé, peu de téléphone ou d’internet, pas de congélateurs, peu de frigos. Et puis pas ou peu de soins hospitaliers. Là aussi ça arrive dans d’autres pays. C’est rare mais ça arrrive. Par exemple dans la Syrie voisine.

Et bien là aussi, le Liban, dans son malheur, va plus loin. Imaginez vous que l’Iran (par la voix du leader du Hezbollah libanais) a annoncé l’envoi de tankers remplis de carburant. Mais l’Iran étant sous embargo et la république des ayatollahs étant le meilleur ennemi des Etats-Unis, Washington s’est activée à son tour et a annoncé par le biais de son ambassadrice à Beyrouth que désormais la Jordanie exportera via la Syrie (oui, oui, via la Syrie, qui est elle aussi sous une forme d’embargo) du gaz et de l’électricité en direction de Beyrouth.

Ainsi on était parti d’une crise économique sans précédent, on se retrouve dans une crispation géopolitique qui peut vite mal tournée étant donnée la poudrière que constitue cette région du monde.

Ils pensaient avoir touché le fond. En réalité leurs décideurs et leurs sponsors étrangers continuent à creuser !

Et pendant ce temps là, la difficulté de survivre — littéralement de survivre — conduit la population qui le peut à partir. Et celle qui ne le peut pas, je n’ai aucune idée du sort qui l’attend. Mais une chose est certaine, même pendant les heures les plus sombres de la guerre « civile », le désespoir des Libanais n’a pas atteint les niveaux qu’il atteint aujourd’hui.

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